logo-observatoire-social-enLe CESI, organisme de formation professionnelle et de qualification, publie chaque année son baromètre en partenariat avec IPSOS. Il sonde les salariés et dirigeants sur leur santé économique et les pistes de développement de leur entreprise et choisit d’approfondir une thématique. Cette année, la révolution numérique.

Des « records d’optimisme » chez les chefs d’entreprise

Depuis la mise en place du baromètre en 2009, les chefs d’entreprises n’ont jamais été aussi optimistes sur de nombreux sujets. 21% d’entre eux prévoient une hausse d’activité pour leur entreprise dans les six mois à venir. Tout en restant prudent, il faut noter qu’une majorité de chefs d’entreprise (56% d’entre eux) tablent surtout sur la stabilité de leur activité.

L’unique dimension en recul est la situation concernant le climat social en général : 78% des chefs d’entreprise la jugent bonne (-5 points par rapport à fin 2015). Ce léger recul est, selon le CESI, le reflet des tensions observées au niveau national autour de la réforme du code du travail, car chez les salariés, il n’y a pas de dégradation notable observée.

Une tendance à la stabilité chez les salariés

Aux yeux des salariés, les indicateurs liés à l’activité de leur entreprise sont plutôt stables. Comme à la fin de l’année 2015, ils sont environ un tiers à anticiper une croissance de leur entreprise. Interrogés sur la situation interne de leur entreprise, les salariés jugent néanmoins la situation moins favorablement que les chefs d’entreprise sur l’ensemble des dimensions testées, y compris en matière d’emploi, ce qui est une première depuis la mise en place du baromètre : 63% des salariés jugent que la situation est bonne en la matière dans leur entreprise, contre 66% pour les chefs d’entreprise.

La peur de perdre son emploi reste très présente, d’autant que les salariés sont une majorité à considérer que la France ne sortira pas de la crise (59% contre 41% qui croient toujours à une sortie de crise, un chiffre en baisse constante depuis un an).

Autre donnée intéressante, malgré une mobilisation qui dure autour de la loi El Khomri, les salariés restent très majoritairement favorables à une réforme du code du travail : ils sont 84%, 5 points de plus par rapport à novembre 2015. Interrogés sur le détail de la réforme, les salariés se montrent néanmoins dubitatifs quant à son efficacité pour lutter contre le chômage. Seules 2 des 9 mesures testées parviennent à convaincre une majorité de salariés. La question n’est donc pas de réformer ou non, mais de comment réformer.

La question du numérique

L’autre approche de l’étude est quant à elle thématique. Pour 2016, c’est le numérique qui est à l’honneur.

Interrogés sur l’importance que revêt le sujet dans leur entreprise, les salariés sont nombreux à déclarer qu’il s’agit d’un sujet stratégique (21%) ou essentiel (31%). Ils rejoignent ainsi les chefs d’entreprise, qui restent nénamoins plus dubitatifs en moyenne que les salariés : un chef d’entreprise sur trois juge le sujet de la transition numérique stratégique ou essentiel pour son entreprise. Le bilan du développement des outils numériques dans l’entreprise tels que l’usage croissant des mails, la possibilité de télé-travailler, l’intranet ou les réseaux sociaux d’entreprise, est d’ailleurs lui aussi globalement positif pour les salariés. Les gains l’emportent sur les aspects négatifs sur 6 des 7 dimensions testées

La risque d’apparition de nouveaux risques

L’impact sur le niveau de stress des salariés pose pourtant question : 36% d’entre eux jugent le développement de ces outils numériques inquiétant. En dehors de la difficulté à se déconnecter, le stress peut également être généré par un sentiment de manque de maîtrise des outils informatiques mis à disposition dans l’entreprise. 11% des salariés déclarent ainsi ne pas être à l’aise avec ces outils, notamment les 50 ans et plus (17%) et les ouvriers (15%). Dans ce contexte, se former pour mieux maîtriser les outils numériques est crucial, pour l’entreprise comme pour les salariés : 31% déclarent d’ailleurs qu’ils souhaitent bénéficier d’une formation en la matière. Malgré la multiplication des formations en la matière, 58% d’entre eux n’ont pas encore sauté le pas, au risque de rester sur le bord du chemin.

De plus, une partie des salariés est inquiète des conséquences possibles de la transition numérique sur les effectifs de leur entreprise :  23% pensent qu’elle va avoir pour conséquence de les faire baisser (28% dans l’industrie et 25% dans le commerce) contre 16% qui pensent qu’elle va au contraire les augmenter (25% des cadres) et 61% qu’ils vont rester stables.

A lire : Le rapport complet du CESI, son baromètre 2016  

Mais aussi sur le site de la Fondation Travailler Autrement
> A lire :  le rapport du MEDEF sur le numérique et les nouvelles activités qu’il induit
> A lire : le sondage BVA/Orange : l’impact du numérique sur l’emploi
> A lire : le rapport 2016 du Conseil National du Numérique

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