Organisation-travailler-autrementSalima Benhamou a réalisé pour France Stratégie une note de synthèse prospective sur les quatre grands modèles d’organisation qui existent aujourd’hui et leurs évolutions futures. Les évolutions seront influencées par cinq facteurs : les technologies, la société, l’économie, les institutions et la démographie. Cette note vise à montrer que les modes d’organisations des entreprises sont indissociables de la question de l’avenir du travail. Explications.

1. Les organisations apprenantes : sésame de la qualité de l’emploi ?

La France se classe 17e sur 28 des organisations de ce type en Europe. Si l’on compare avec les États-Unis, on peut dire que la France fait preuve d’un certain retard en la matière.

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Qu’est ce qui caractérise les organisations apprenantes ?

  • Un meilleur accès au CDI ;
  • Des formations continues et une grande mobilité professionnelle;
  • Des meilleures conditions de travail ;
  • Un meilleur rapport à la hiérarchie.

Quels impacts sur le monde du travail ?

L’auteur de la note imagine que leur diffusion va être massive d’ici 2030, surtout dans les métiers du care. Elles offriront de multiples opportunités et valoriseront fortement les métiers de la santé et de l’action sociale, principaux gisements d’emplois en France.

2. Les organisations apprenantes virtuelles : souplesse et réactivité ?

Dans l’hypothèse que la concurrence économique ne va pas cesser de s’intensifier, les entreprises auront besoin d’acquérir plus de souplesse tout en rationalisant les coûts liés à la main d’œuvre.

Qu’est ce qui caractérise les organisations apprenantes virtuelles

  • Elles se fondent sur l’utilisation du Big Data ;
  • Elles supposent une automatisation et des technologies manufacturières avancées ;
  • Elles sont indissociables de l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour une collaboration mondiale.

Comment vont-elles faire évoluer le travail et l’emploi ?

Les organisations apprenantes virtuelles créeraient une suprématie des plateformes. L’organisation des entreprises sera dématérialisée, horizontale et déterritorialisée. En interne, les salariés s’adresseront directement avec ceux qui détiennent l’information. Parallèlement, les entreprises auront plus souvent recours à l’externalisation des compétences.

3. Un super intérim, ultra-flexible

Salima Benhamou s’interroge également sur ce modèle dont le principal objectif sera d’intégrer des travailleurs peu qualifiés dans des organisations à forte valeur ajoutée.

Qu’est ce qui caractérise le super intérim ?

  • Il sera utile lors des pics de demandes de missions de courte durée ;
  • Il s’appuiera sur des canaux de communication très rapides ;
  • Il donnera naissance à une société à deux vitesses avec d’un côté, une « techno-élite » et de l’autre, un « techno-prolétariat ».

Comment pourrait-il modifier le visage de l’emploi ?

Cette organisation pourrait aboutir à l’ubérisation du marché du travail. La clé de voute du recrutement tiendrait à l’évaluation des candidats par leurs pairs ou leurs anciens employeurs. Elle donnerait la possibilité aux travailleurs de choisir leur lieu et leur temps de travail, sonnerait la fin du contrat de travail unique, mais offrirait peu de perspectives d’évolution.

4. Le taylorisme nouvelle-génération ou l’avènement du producteur-télétravailleur

L’auteur imagine enfin une organisation donnant la possibilité aux travailleurs ne possédant aucune compétence particulière de réaliser à distance des micro-tâches très simples.

Qu’est ce qui caractérise le taylorisme nouvelle-génération ?

  • Il donnera la possibilité aux travailleurs de réaliser des missions depuis son domicile ;
  • Il mènera, comme le super intérim à une bipolarisation du marché du travail ;
  • Il donnera lieu à une automatisation subie ou choisie des individus.

Quels impacts sur le monde du travail ?

Les organisations du type « usine » laisseront place à des structures beaucoup plus simples dans lesquels les travailleurs seront contrôlés non plus par leur hiérarchie mais par des algorithmes. Cette multiplications de missions à faible valeur ajoutée ne donnera aux travailleurs ni droit sociaux, ni perspective de carrière.

« Demain, le monde du travail exigera des individus une grande faculté d’adaptation et un haut niveau d’autonomie. Les clés du succès seront moins la maîtrise initiale de savoirs que la capacité à intégrer et à composer de nouveaux savoirs. » Salima Benhamou

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> Consulter la note en intégralité sur le site de France Stratégie

A lire également sur le site de la Fondation Travailler autrement :
> Rapport : « Technology, jobs, and the future of work » (McKinsey Global Institute)
> Décrypter les mutations du travail et de l’emploi à l’ère du numérique

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