choisir-societe-portage-salarial-consultantFace à l’émergence de multiples formes atypiques de travail, la manière dont les travailleurs se mobilisent face à leur activité est-elle toujours la même ? Deux chercheurs présentent leur analyse.

Dans la littérature scientifique, nombre de publications portant sur l’émergence des formes hybrides d’emploi tombent dans l’écueil de rassembler toutes les modalités qu’elles recouvrent sous la simple dénomination « travail indépendant ». Les travaux analysant l’hétérogénéité de ces statuts restent singuliers (ceux de Martine D’Amours de l’UQAM notamment). Partants de ce constat, Yves Dupuy et Françoise Larré (ESPE, Université Toulouse Jean Jaurès) ont entrepris une recherche qualitative, dans le secteur des services, qui leur a permis de segmenter ces formes hybrides de travail. C’est à partir des deux dimensions suivantes que les différentes « figures » de l’indépendant sont définies par les auteurs :

  • L’organisation du travail, soit la marge d’autonomie du travailleur indépendant : qui contrôle, organise et prend les décisions de la prestation ?
  • Le risque relatif à l’entreprise, mais aussi aux risques économique, clientèle et liés à la sécurité de l’emploi : qui les prend en charge ?

En fonction de la manière dont la situation du travailleur indépendant se positionne sur ces dimensions « organisation » et « risque » (sous la forme d’un continuum allant du salariat classique à l’indépendance stricte), la mobilisation au travail sera différente (qu’elle soit marchande et / ou organisationnelle, en termes de contrôle, d’autonomie, de satisfaction et de reconnaissance). Ainsi, les chercheurs déclinent plusieurs « figures concrètes de la mobilisation du travail » chez les travailleurs indépendants, assortis d’exposés de cas pour mieux illustrer les situations décrites.

Les auteurs démontrent que les types de mobilisations sont tout à fait différents : dans le cadre d’une mobilisation sur l’organisation du travail, une logique de compétences, de qualifications et de savoir-faire est à l’œuvre, alors qu’il s’agit d’une logique d’arbitrage face au risque dans le cadre la seconde dimension. En conséquence, les situations particulières éprouvées au quotidien par les « indépendants » sont développées, qu’il s’agisse des « indépendants purs » (ex : expert-comptable indépendant), des prestataires partiellement sous l’autorité d’un tiers (ex : vacataires du secteur de la formation), des contractants pour des activités durables (ex : indépendants travaillant en régie), des experts disposants d’une compétence particulière (ex : prestataires informatique et numérique), des travailleurs qui « louent » leur force de travail » (ex : merchandiseurs), jusqu’aux agents commerciaux et dirigeants sociaux.

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Mais aussi sur le site de la Fondation Travailler autrement :
Rapport – Le salut dans une start-up ? (RSA Action and Research, 2014)
Article de revue – Salariat et non-salariat dans une perspective historique (Marchand, 1998)

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