logo_inseeL’INSEE a publié une étude sur l’activité réelle des auto-entrepreneurs, qui met à jour une réalité surprenante : la fragilité du statut d’auto-entrepreneur dans la durée. 

La difficulté de l’auto-entrepreneuriat dans la durée

La mise en place en janvier 2009 du régime de l’auto-entrepreneur (requalifié micro-entrepreneur fin 2014) s’est aussitôt traduite par une forte augmentation du nombre de créations d’entreprises.  En 2010, avec 360 000 immatriculations, ce régime représentait 58 % des créations de l’année, soit près de 80 % des nouvelles entreprises individuelles.

Mais si le régime de l’autoentrepreneur attire beaucoup, peu persistent. Parmi les 191 000 personnes inscrites sous ce statut au premier trimestre 2010, 38% n’ont jamais été actives : dans les deux ans suivants leur immatriculation, elles n’ont jamais déclaré de chiffre d’affaires, ce qui a conduit à leur radiation du régime.

Pour les 62% restant qui s’inscrivent comme autoentrepreneurs, ils démarrent une activité quelques mois plus tard. Mais trois ans après leur immatriculation, seuls 30 % des auto-entrepreneurs inscrits au premier semestre 2010 sont toujours actifs sous ce régime.

La pérennité à trois ans des auto-entrepreneurs est d’ailleurs plus élevée lorsqu’ils ont démarré en activité principale (52 %) plutôt qu’en activité de complément (45 %), mais elle reste faible.

Une pérennité qui dépend de nombreux facteurs

La pérennité dépend des secteurs d’activité. C’est dans la santé humaine et l’action sociale que la durée de vie de la micro-entreprise est la plus élevée (71 %). À l’opposé, elle est plus faible dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques (45 %), le commerce (46 %) et la construction (50 %), qui concentrent pourtant plus de la moitié des immatriculations de 2010.

La pérennité s’accroît aussi fortement avec l’âge de l’auto-entrepreneur, passant de 40 % avant 30 ans à 55 % au-delà de 50 ans.

Les femmes réussissent mieux à démarrer une véritable activité: elles sont 67% dans ce cas, contre 59% des hommes.

Mieux vaut également avoir une certaine expérience: si 55% des autoentrepreneurs de moins de 30 ans finissent par faire du chiffre d’affaires, le taux grimpe 71% pour les plus de 50 ans.

Une réalité contraire à celle des entreprises classiques

Plus étonnant, le profil des autoentrepreneurs qui réussissent à durer est très différent des chefs d’entreprise classiques. Un autoentrepreneur de plus de 50 ans a ainsi deux fois plus de chance d’être pérenne à trois ans qu’un auto-entrepreneur  de moins de 30 ans. À l’inverse, les chances de durer sont les plus fortes pour les créateurs de 30 à 39 ans dans les entreprises classiques. Et si le niveau de diplôme et de capital jouent peu sur la pérennité d’une micro-entreprise, ce n’est pas le cas pour les entreprises classiques.

Souvent, à la différence des autres créateurs d’entreprises, le démarrage de l’activité du micro-entrepreneur a été différé par rapport à la date d’inscription au statut : seuls 42 % des auto-entrepreneurs ayant débuté une activité l’ont fait dès le trimestre de leur immatriculation en 2010, 23 % ont attendu au moins deux trimestres et 9 % un an au moins.

Les auto-entrepreneurs dégagent aussi un chiffre d’affaires beaucoup plus faible que celui des créateurs individuels classiques. Les auto-entrepreneurs toujours actifs fin 2013 déclarent en moyenne 10 000 euros en 2012. Les trois quarts d’entre eux réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 15 000 euros ; seulement 14 % des créateurs individuels classiques sont dans ce cas.

> A lire : L’étude de l’INSEE : Auto-entrepreneurs immatriculés en 2010 : trois ans après, 30 % sont encore actifs

> A lire : l’article de la Fondation Travailler Autrement sur la réflexion autour du statut d’auto-entrepreneur par le professeur Michel Marchesnay

> A lire : un article de la Fondation  Travailler Autrement sur les effets de la Loi Sapin 2 sur le statut de micro-entrepreneur

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