france_strategie_rgb1France Stratégie a étudié le déficit d’emploi en temps partiel en France par rapport à certains pays de l’Union européenne à fort taux d’emploi.  Et si ce décalage constituait une « réserve d’emploi » utilisable pour réduire le chômage ?

Le point de départ est un constat : la France accuse un écart important vis à vis de certains de ses voisins européens sur le taux d’emploi. Ainsi en 2014, il est inférieur de près de 10 points vis à vis des pays européens les plus performants, selon Eurostat. La raison est à aller chercher du côté du taux d’emploi en temps partiel, qui est encore faible à l’échelle européenne :  il concerne 12 % de la population active française. Ce chiffre est 7 points inférieur aux pays européens à fort taux d’emploi.

Un décalage à relativiser selon France Stratégie

Plusieurs arguments sont invoqués pour nuancer ces chiffres :

• Le tandem temps plein/temps partiel en France se place plus dans une logique de substitution quand chez nos voisins allemands, les deux types d’emplois sont complémentaires. En d’autres mots, la progression du temps partiel français sur les 30 dernières années n’a pas été suivie par l’emploi en temps plein, qui a connu une moindre progression. En Allemagne, en outre, l’évolution de l’emploi en temps partiel est positivement corrélée à celle du temps plein. De plus, le modèle du « Male Breadwinner » (où c’est l’homme qui soutient la famille) domine encore : le revenu de la femme apparaît plutôt comme complémentaire. La durée du temps partiel est plutôt courte, là où celle de la France est plus longue. Des modèles comme les mini jobs (travail où la rémunération est plafonnée à 450 euros) séduisent beaucoup car ils sont exonérés d’impôts.

• Il y a des différences structurelles sectorielles. Elles sont plus perceptibles dans certains domaines comme l’industrie manufacturière ou le commerce. La France a, par exemple, plus axé son développement sur le secteur tertiaire qu’industriel.

• La mise en place de politiques familiales et sociales françaises facilite le taux d’emploi à temps plein des femmes (comme les politiques d’accueil des enfants  sur toute la journée). Ainsi, le déficit de temps partiel français s’explique surtout par une divergence des politiques publiques. Certains pays comme l’Allemagne accordent une place importante au temps partiel : la France, elle, privilégie plutôt le temps plein. Ainsi, la mise en place de la semaine de 35 heures ou la suppression des exonérations de cotisations sur le temps partiel sont des mesures qui ralentissent le développement de l’emploi en temps partiel.

France Stratégie clôt la note en soulignant les marges de manœuvre envisageables pour encourager l’emploi en temps partiel. Aux yeux des auteurs de la note, il serait intéressant de le faire « aux extrémités de la vie active » pour permettre une meilleure insertion des jeunes ou retarder la sortie des seniors du marché du travail.

> A lire : La note d’analyse de France Stratégie

> A voir : le reportage Grand Angle 

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