Actualité
Infos

Pratique sportive en entreprise : levier de productivité et de compétitivité ?

Dans un avis publié le 15 février 2023, l’ANSES met en garde contre le manque d’activité physique des Français. Alors que la sédentarité, au travail notamment, devient un enjeu de santé publique, de plus en plus d’entreprises mettent en place des initiatives pour inciter leurs salariés à pratiquer une activité physique sur leur lieu de travail. S’ancrant dans le cadre plus large d’une politique de qualité de vie et de bien-être au travail, le sport en entreprise est également vecteur de productivité et de compétitivité. Si cette pratique séduit un nombre croissant d’employeurs et de salariés, elle peut se heurter à des difficultés de mise en œuvre.

Le sport en entreprise : un modèle gagnant-gagnant pour les salariés et les entreprises

Faire du sport en entreprise, c’est avant tout profiter des bienfaits liés à la pratique régulière d’une activité sportive. Si ses avantages sont nombreux, il contribue, dans le cadre du travail, à une amélioration de la productivité des collaborateurs.

Selon une étude du cabinet Goodwill management menée par le Comité National Olympique et Sportif Français et le MEDEF, la pratique sportive améliore la productivité d’un salarié de 6 à 9% : accroissement de la concentration et de l’efficacité, renforcement de l’esprit d’équipe, sensation de bien-être, réduction du stress et de la fatigue… Par ailleurs, une pratique sportive régulière limite les risques d’accidents du travail, mais aussi les risques de troubles psychosociaux et musculosquelettiques. Enfin, le sport au travail est devenu un réel levier de fidélisation des collaborateurs, séduits par la prise en considération de leur bien-être et de leur santé par leur employeur.

La pratique sportive en entreprise engendre également des gains de productivité pour l’entreprise. D’après le rapport de la sénatrice Françoise Gatel et du député François Cormier-Bouligeon, “la pratique d’activités physique et sportive organisée par l’entreprise augmente sa productivité entre 3 et 9% ainsi que sa rentabilité entre 4 à 14%.” En effet, au-delà du regain de productivité et d’engagement des collaborateurs, la pratique du sport réduit les risques de problèmes de santé ce qui permet de diminuer les coûts humains et financiers : diminution des arrêts maladie, du taux d’absentéisme, renforcement de l’engagement et diminution du turn-over. La cohésion de groupe et le sentiment d’appartenance générés par des activités collectives permettent de renforcer la qualité du travail collectif, ce qui garantit aussi l’accroissement de la productivité dans l’entreprise.

En plus des bénéfices sur le bien-être et la santé des collaborateurs qui n’en sont que plus productifs au travail, la pratique du sport en entreprise renforce la productivité de l’entreprise et sublime sa marque employeur. En effet, proposer une pratique sportive dans son entreprise est un levier stratégique de fidélisation et d’attractivité. Alors qu’on met en avant la qualité de vie au travail et le bien-être des salariés, on peut noter trois impératifs, auxquels le sport au travail répond :

  • Garantir le bien-être mental et physique
  • Assurer la cohésion des équipes, notamment à l’ère du télétravail
  • Sanctuariser le partage de valeurs commune et d’une vision d’entreprise

Selon une étude d’Harmonie Mutuelle et A.S.O parue en mars 2023, 79% des salariés souhaiteraient travailler dans une entreprise qui favorise la pratique sportive. Ce chiffre démontre bien l’attrait des salariés pour ce type de service qui permet de développer un sentiment d’appartenance chez le salarié auquel on offre un avantage supplémentaire et donc de le fidéliser, et d’attirer de nouveaux talents en envoyant un signal positif sur le marché du travail et donc de se distinguer.

La Fédération Française du Sport en Entreprise recense environ 1,5 millions de Français qui pratiquent une activité physique dans le cadre professionnel, soit 16% des actifs.

Le sport en entreprise : une mise en œuvre délicate

La pratique sportive peut être incorporée de plusieurs manières au cadre professionnel, en fonction des moyens de l’entreprise. Certaines disposent d’une salle de sport au sein de leurs locaux quand d’autres proposent dans le cadre du Comité économique et social des abonnements à une salle de sport à tarif privilégié ou encore des bons d’achat utilisables dans des enseignes dédiées au sport. Si l’entreprise ne dispose pas des moyens nécessaires pour s’équiper ou d’un CSE, l’employeur peut prendre des initiatives en direct. Il peut aussi organiser régulièrement des activités en plein air ou en intérieur, et inciter les collaborateurs à y participer en axant sa communication sur l’addition des bienfaits du sport et l’occasion de profiter d’un moment de cohésion.

Toutefois, si la pratique sportive en entreprise se développe, elle peine à se généraliser. Il existe en effet certains freins à son implémentation dans les cultures d’entreprise. Tout d’abord, il s’agit d’une question de volonté politique. Si 92% des dirigeants estiment que l’implication de l’entreprise pour favoriser la pratique sportive est une « bonne chose », seuls 13% d’entres eux ont mis en place des aménagements pour favoriser sa mise en place et 11% envisagent de le faire. Les freins identifiés sont avant tout matériels : les investissements financiers nécessaires pour des aménagements spécifiques et la réorganisation des locaux ont tendance à refroidir les dirigeants. De la même manière, ils craignent que cela ait pour conséquence de réduire le temps de travail. Les salariés sont eux aussi susceptibles de dissuader la mise en place de la pratique sportive dans leur entreprise : certains sont réticents à l’idée d’être vus en plein effort ou de cotoyer leurs collègues en dehors des heures de travail. De plus, la mise en place d’une activité physique nécessite une politique flexible de la part de l’entreprise en termes d’horaires afin d’en garantir l’accessibilité.

Ainsi, la pratique sportive en entreprise semble être un levier considérable pour remédier à l’enjeu de santé publique qu’est la sédentarisation des Français. L’instaurer en entreprise contribue à améliorer les conditions de travail des salariés ce qui les rend plus productifs. De fait, l’entreprise gagne elle-même en productivité ainsi qu’en compétitivité en faisant du sport un levier stratégique pour sa marque employeur, fidélisante et attractive. Toutefois, si les bénéfices de la pratique sportive en entreprise fait l’unanimité, il existe des freins à sa mise en place effective. Les Jeux Olympiques de Paris 2024 et les politiques de sensibilisation sur l’importance du sport pourraient contribuer à populariser encore plus la tendance et avoir un effet accélérateur. Nous l’espérons !

 

> Aller plus loin sur le site de la Fondation Travailler autrement : L’activité physique en entreprise, du gagnant-gagnant ?, Quel management des talents aujourd’hui ? Et demain ?