L’égalité entre hommes et femmes dans le monde du travail

mars 8, 2019 Actualité, Infos

Cela fait cent ans que l’Organisation Internationale du Travail a adopté sa première convention sur les femmes et le travail. Malgré des progrès notables, le chemin vers l’autosatisfaction est encore long et la vigilance doit être de mise. A l’occasion de la Journée Internationale des femmes, décryptons ces évolutions.

État des lieux

L’OIT rappelle que si des avancées indéniables ont été faites, la situation actuelle implique  aussi des stagnations et régressions.

  • Alors que les femmes déclarent autant que les hommes vouloir travailler (70%), elles sont beaucoup moins en emploi que les hommes, et cet écart ne change pas.
  • Les femmes occupent davantage des emplois peu qualifiés. En Afrique Sub-saharienne, en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est, elles ont de surcroit de bien plus grandes chances que les hommes d’occuper un emploi informel. Évidemment, elles sont bien moins représentées dans les échelons de direction, et ce à un taux qui n’a qu’à peine évolué au niveau mondial depuis 1981.
  • Les raisons qui expliquent cela ne sont que peu l’accès à l’éducation, en réalité. A l’échelle mondiale, c’est avant tout le fait d’être en charge des soins à autrui (enfants, tâches ménagères…) et, surtout, la maternité, qui sont des obstacles à l’emploi des femmes.
  • Les écarts salariaux restent flagrants et structurels.
  • Toutes les femmes de tous les pays et de tous les secteurs subissent ou risquent de subir des violences ou du harcèlement dans le cadre de leur travail (formel ou informel).
  • Les femmes restent sous-représentées dans les organisations et instances de représentations des travailleurs. Or, leur présence est nécessaire pour que les droits négociés soient en leur faveur.

De ce constant, le rapport proposer des grandes directions permettant de continuer à améliorer la situation.

Pistes d’amélioration

Par les droits :

  • Toute loi ou norme inégales (comme l’interdiction du travail sous terre pour les femmes) doit être abolie, à la fois par symbole / principe, mais parce qu’on a toujours trouvé une corrélation positive avec le taux d’emploi des femmes ; le droit doit poser une égalité totale
  • Lutter contre les discriminations ; la première et principale étant les violences et harcèlements que subissent les femmes. Il faut à la fois agir localement sur les collectifs et situations de travail ; et globalement sur les lois et conventions collectives
  • Continuer à agir pour l’égalité des salaires (l’instauration d’un salaire minimum le permettant pour les bas salaires)
  • Faciliter et accélérer l’accès des femmes aux postes de direction, notamment en travaillant à diminuer la responsabilité des femmes dans les soins aux autres (qui peuvent être pris en charge par la société) et la sanction à la maternité
  • Une généralisation des congés maternité et paternité inclusifs
  • Un avenir du travail avec de temps disponible, afin que tous puissent « s’occuper d’autrui » sans que ce devienne une responsabilité donnée aux femmes et les privant de capacité à occuper un emploi

Par l’accès à des services publics :

  • Faire prendre en charge « le soin à autrui » par les services publics. Cela créé des emplois, qui par ailleurs sont souvent occupés par des femmes, et donc formalise et rétribue ce qu’auparavant elles faisaient de manière informelle
  • Une protection sociale équitable et inclusive, garantissant une protection sociale de qualité aux femmes
  • Des investissements importants, privés et publics, dans la protection sociale et le soin à autrui, condition sine qua none des deux points précédents

Un accompagnement des femmes dans les transitions du travail :

  • Un apprentissage tout au long de la vie sans exclusion, pour que les femmes ne subissent pas en priorité les restructurations de l’emploi
  • Un environnement favorable aux femmes cheffe d’entreprise, notamment par l’encouragement et l’accompagnement à l’entreprenariat

Enfin, tout cela ne saurait avoir lieu sans une meilleure représentation et expression des femmes, notamment dans les instances déjà existantes.

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