“Working Alone Together: Coworking as Emergent Collaborative Activity” est le résultat d’une étude ethnographique approfondie de deux ans à Austin (9 espaces étudiés, beaucoup de matériau). L’auteur, Clay Spinuzzi, pose trois questions qui guideront sa recherche : qu’est-ce que le coworking ? qui sont les coworkers et pourquoi utilisent-ils un espace de coworking ?

Espace de coworking : définition

Dans l’article, Spinuzzi montre que les propriétaires ou animateurs d’espaces de coworking n’ont pas la même perception de l’intérêt de leur espace que leurs utilisateurs. Il identifie en effet plusieurs définitions de ce qu’est un espace de coworking selon leurs propriétaires / gérants :

  • Un espace de travail “communautaire”: dans le sens d’un service, d’un espace mis à disposition de la communauté, du local (notion de “communauté” à l’américaine). “Espace de travail” est structurant : les interactions sont confinées aux espaces de détente.
  • Un “non-bureau” : un service mis à disposition des personnes qui n’ont pas de bureaux / locaux où travailler et à qui les interactions et la sociabilité manquent. Ces espaces encouragent les échanges entre coworkers.
  • Un espace de travail “fédérateur” : lieu pour créer du lien, informel mais aussi formel et économique, entre ses résidents. Ces lieux encouragent les échanges.

Un espace pour quels usages ?

Il est également intéressant de constater que l’auteur identifie plusieurs motivations de l’usage d’un espace de coworking :

  • Un espace : simplement un espace de travail disponible.
  • Un bureau alternatif bon marché :  comparé au prix d’un bail commercial pour un bureau personnel.
  • Un lieu de rencontre (social hub)
  • Un lieu de collaboration
  • Un lieu de population homogène / hétérogène (selon positionnement de l’espace)
  • Une séparation travail / domicile explicite

Il y a donc de nombreuses contradictions dans la perception et la définition par les acteurs eux-mêmes de ce qu’est et ce que doit être un espace de coworking.

Attentes, enjeux, bénéfices

Au niveau des attentes, l’article indique que la majorité des utilisateurs ont essayé le travail à domicile ou dans d’autres tiers-lieux (cafés, essentiellement), et y ont expérimenté des difficulté (perturbations, distractions et motivation). Le confort est un enjeu important, ne serait-ce que pour pouvoir travailler des heures d’affilées. L’image peut aussi être plus ou moins professionnelles, selon si les usagers ont besoin du lieu pour rencontrer leurs clients.

Les bénéfices qu’en retirent les usagers sont des interactions, des retours/avis/conseil (feedback), de la confiance, de la connaissance / de l’apprentissage, des partenariats, des encouragements, et des références.

spinuzzi_2012Plus que de proposer des réponses ou des méthodes, cet article est l’un des premiers à avoir posé les bonnes questions. Il présente l’intérêt de guider la réflexion de ceux qui souhaitent comprendre les dynamiques d’un espace de coworking. Un article d’actualité toujours intéressant à (re)lire.

> Pour lire l’article dans son intégralité

> Également à lire sur le site de la Fondation Travailler autrement, « Co-working in the city »

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