Elabe et l’Institut Montaigne ont publié en janvier 2018, un sondage intitulé « Les Français et la formation professionnelle ». A l’heure où la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a présenté sa réforme de la formation professionnelle, il est intéressant de constater que si 6 actifs sur 10 ont bénéficié de la formation professionnelle, son usage est encore hétérogène selon les profils. Retour sus les principaux enseignements du sondage.

Dans la formation professionnelle, des disparités perdurent

Menée sur un échantillon de 1 300 personnes, l’étude révèle qu’il existe de fortes disparités en ce qui concerne l’accès à la formation professionnelle. Les chiffres varient en fonction de :

  • la catégorie sociale des répondants : 67 % des cadres et des professions intermédiaires ont déjà suivi une ou plusieurs formation contre 64 % pour les ouvriers,
  • la taille de l’entreprise : 63 % des salariés des ETI ou des grandes entreprises en ont déjà profité contre 58 % en TPE et 50 % en PME.

Pourquoi ces différences ? 61 % des répondants n’ayant pas bénéficié de la formation professionnelle affirment que cet état de fait est lié à une absence de démarche. L’implication de l’employeur est cité comme facteur d’accès à la formation. 47 % des sondés ayant suivi une formations l’ont réalisé sur propositions de l’employeur.

Au regard des attentes des salariés formés, la formation professionnelle fait face à un bilan partagé :

  • 48 % des sondés affirment qu’elle ne répond pas à leur attentes,
  • 44 % la jugent « à la hauteur » de leurs attentes.

L’information sur le formation, un défi majeur

Si 8 Français sur 10 ont une bonne image de la formation professionnelle, et notamment les jeunes (89 %), c’est avant tout parce qu’elle est perçue comme « utile » par 50 % des répondants et importante dans le cadre d’un parcours professionnel pour 92 % (évolutions, reconversions, retour à l’emploi…). Notons également qu’il s’agit d’un élément qui témoigne de l’importance des compétences dans un monde où les carrières sont de moins en moins linéaires.

Une question subsiste toutefois : les Français sont-ils bien informés sur la formation professionnelle ?

57 % des répondants affirment être mal informés mais les témoignages diffèrent en fonction des dispositifs : le bilan de compétence est assez connu, tout comme la validation des acquis par l’expérience et le compte personnel de formation (de 75 à 88 %) mais 35 à 52 % des sondés ne savent pas précisément de quoi il s’agit… et cela varie, encore une fois, en fonction des catégories sociaux professionnelles.

Et la réforme dans tout ça ?

Pour les répondants, les entreprises et les branches professionnelles doivent définir le contenu des formations. Les sondés s’accordent sur le fait que la formation professionnelle ne peut pas être tenue dans les mains d’un seul acteur.

Par ailleurs, 60 % des sondés estiment que les moyens alloués à la formation professionnelle doivent pouvoir permettre à tous les Français d’en bénéficier mais 39 % estiment également que la priorité doit être donnée aux demandeurs d’emploi et aux salariés précaires.

Ainsi, ce sondage plutôt optimistes sur la formation professionnelle permet de constater que des améliorations du système sont attendues. Les partenaires sociaux devraient parvenir, mercredi 21 février, à un compromis sur la réforme de la formation professionnelle.

> Pour accéder au sondage dans son intégralité

> Également à lire sur le site de la Fondation Travailler autrement, Métiers, compétences et passerelles

 

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