L’emploi cadre a de beaux jours devant lui pour l’année 2018 ! Le recrutement des cadres devrait être au plus haut niveau (entre 248 00 et 271 00 embauches prévues), d’après la dernière étude « Emploi Cadre 2018 » de l’Apec. Pour en discuter, l’association a réuni jeudi 15 février 2018 un panel d’intervenants qui ont pu débattre après une intervention de Jean-Marie Marx, Directeur général de l’Apec et de Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Retour sur cette matinée.

59 % des entreprises interrogées vont recruter au moins un cadre au premier trimestre 2018

Jean-Marie Marx a introduit la conférence en présentant les résultats de l’étude sur les perspectives de l’emploi cadre en 2018. Après une croissance soutenue en 2017 (+ 1,9 points), la France connait un climat de confiance. D’après l’étude « Emploi Cadre 2018 », 59 % des entreprises interrogées vont recruter au moins un cadre au premier trimestre 2018 et les prévisions de recrutement sont attendues vers 13 %.

APEC1Les compétences les plus recherchées sont les compétences transversales, la capacité à travailler en mode projet, la polyvalence et les soft-skills. On note aussi l’apparition de nouveaux métiers, qui vont créer de nouveaux besoins dans les entreprises, soutenue par une croissance forte. Coté secteur, ce sont les services qui se distinguent avec une estimation de recrutement de 3 cadres sur 4, suivis par l’industrie et le bâtiment. Dans les régions, les perspectives d’embauches augmentent également même si on observe une forte concentration en Ile-de-France.

APEC2Le recrutement des jeunes diplômés et des seniors connait aussi une embellie. Le défi majeur des ressources humaines sera maintenant de recruter et fidéliser les talents. La recherche de profil devient de plus en plus compétitive et ce d’autant plus qu’il y a un manque de ressources. Le recrutement se concentrera sur les jeunes cadres avec 3/4 années d’expérience. Il faudra que les entreprises travaillent leur marque employeur et optent pour une approche par compétences.

APEC3L’Apec prendra tout son rôle dans ce nouveau marché du travail qui se dessine en continuant son travail d’observation en lien avec les opérateurs de l’emploi, notamment pour renforcer ses actions d’aide au sourcing pour les TPME/PME. En effet, ces types de structures ne possèdent pas toujours de services relatifs aux ressources humaines.

« La France a un bon problème »

Muriel Pénicaud a ensuite pris la parole en disant que la France a « un bon problème ». 240 000 emplois cadres, c’est plus que ce que notre pays n’a jamais fait. L’économie est dynamique, la croissance est robuste, le climat de confiance se diffuse et les ordonnances ont également participé à cela en donnant un signal positif aux entreprises par le dialogue social…. ce qui n’est pas sans conséquence, rappelle la Ministre. En effet, nous allons connaitre de nouveaux défis. On entre dans une économie de la valeur ajoutée, liée aux innovations et aux nouvelles compétences. Ce qui, ajoute-t-elle, représente un défi qualitatif et quantitatif en termes de recherche de compétences.

L’année 2018 sera l’année de la stratégie des compétences. L’État y prendra toute sa part. Il a lancé la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle pour permettre aux jeunes et aux actifs d’acquérir des compétences solides dans un monde du travail modifié par la révolution technologique. La Ministre rappelle que nous ne sommes qu’aux prémices des mutations du travail et que ceci représente un réel risque de disqualification des salariés. L’enjeu n’est pas seulement celui de faire monter en compétence les salariés, c’est aussi d’anticiper les transformations pour cibler les bons besoins et donc les bonnes compétences. Certes, le législateur peut donner un cadre mais seules les entreprises pourront vraiment agir et impulser la dynamique nécessaire à ces changements. Elles devront tenter d’embarquer tout le monde pour ne pas qu’une frange des actifs se sente délaissée, en marge de la reprise.

Des compétences à renforcer

L’Apec a ensuite permis à plusieurs acteurs de s’exprimer sur ces résultats lors d’une table ronde. Parmi eux Sophie Moreau-Follenfant, DRH d’Egis ; Caroline Lebrun DRH d’Harmonie Mutuelle ; Jean-Paul Charlez, président de l’ANDRH et DGRH d’Etam, François Roux, délégué général du Prism’emploi, Antoine Morgaut, président de Syntec Conseil en recrutement et Gaël Bouron, responsable d’études à l’Apec.

François Roux a débuté son intervention en rappelant que l’intérim est en croissance depuis 2005. En 2017, le secteur affiche une croissance de 8,5 % avec 660 000 emplois temps plein. Les activités de recrutement sont en hausse de 20 % en 2017 pour les cadres. Toutefois, il indique que 10 à 15 % des commandes ne sont pas servies, faute de candidats.

Pour Jean-Paul Charlez, il y a une certaine satisfaction liée à un cycle économique favorable soutenu par les ordonnances. La logique de reprise est perçue par les cadres. Il note néanmoins que la question des compétences est centrale : le CPF doit être plus mobilisé.

Pour rebondir sur ce point, Sophie Moreau-Follenfant ajoute qu’en effet, il y a une pénurie de compétences ce qui mène à un manque de profils. Le changement des mentalités dans les entreprises est à l’œuvre : les directions voient de plus en plus le recrutement comme un facteur d’évolution du chiffre d’affaires. Sur la question de la mobilité, elle note que les cadres ont de moins en moins envie de travailler à Paris. Ils sont à la recherche d’un métier qui ait du sens. L’enjeu majeur est la transformation de la conception des managers dans leur façon de sourcer les profils.

Caroline Lebrun note également un message d’optimisme pour la progression des politiques inclusives et l’importance du sens au sein des entreprises. Il y a une exigence particulière au sein de notre corps social avec l’articulation du bien-être, de la culture d’entreprise et de l’équilibre vie pro/vie perso au travail pour retenir les talents. Elle ajoute qu’en entretien, la plupart des questions des candidats tournent autour la culture managériale et les valeurs de l’entreprise.

Gaël Bouron indique que le rôle des cadres est en pleine transformation. Le cadre en 2018 sera de plus en plus expert et polycompétent. C’est un changement profond partagé par les cadres, comme le montrent les différentes enquêtes de l’Apec. On observe un triple défi pour les entreprises et les recruteurs : pour l’entreprise, améliorer la marque employeur ;  pour les cadres, faire évoluer leurs compétences ; pour les organismes de formation ou les écoles, développer la transversalité entre les différents cursus.

« C’est une dynamique positive dont il faut profiter » rappelle Antoine Morgaut. Toutefois cette dynamique doit rester responsable. Syntec a d’ailleurs mis en place une charte du recrutement responsable pour les séniors.

En conclusion, Pierre Lambin, Directeur des Etudes et Recherche de l’Apec, rappelle les trois points clés évoqués tout au long de cette matinée :

  • Des prévisions de recrutement en hausse,
  • Les jeunes et les seniors seront plus recrutés qu’en 2017,
  • Une évolution des compétences est attendue chez les cadres.

> Pour accéder à l’étude Apec sur l’emploi cadre 2018

> Également à lire sur le site de la Fondation Travailler autrement, Les cadres veulent être volages, mais pas indépendants

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