Le droit à la déconnexion fête sa première année. Depuis le 1er janvier 2017, ce droit figurant dans la loi Travail est obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés et propose de « stopper l’hyper-connexion » des salariés. Quel bilan peut-on tirer de cette première année de mise en application ?

Connexion/déconnexion : quelques chiffres 

  • 30 % des travailleurs déclarent ne jamais couper leur boîte mail de travail d’après le site Blog Emploi,
  • 37% des actifs utilisent les outils numériques professionnels hors temps de travail selon une étude Eléas (septembre 2016),
  • Pour 59% des salariés, l’usage des outils numériques est un progrès selon cette même étude,
  • Les Français passent l’équivalent de 99 jours par an sur leurs mails selon l’étude Adobe, 2016, et 62% des actifs réclament une régulation des outils numériques professionnels,

Il était une fois, le droit à la déconnexion

Les usages du numérique au travail s’accompagnent parfois de problématiques de communication : intensifications des échanges, burnout, perte de la maitrise du flux et des usages numériques… depuis plus de dix ans, les partenaires sociaux réclamaient une régulation des usages numérique. Ainsi, le « droit à la déconnexion », édicté à l’article L2242-8 du Code du travail et adopté en juillet 2017, s’est traduit par la « mise en place par l’entreprise de dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques ».

Le principe est simple : les entreprises doivent limiter les sollicitations en dehors des heures de travail (les soirs et week-ends) pour assurer des temps de repos, des sas de décompression. Si on se réfère aux attentes des salariés, ils sont nombreux à plaider en faveur d’un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée. De fait, ce droit à la déconnexion matérialise une limite dans l’intrusion de la vie privée par celle professionnelle.

Depuis le 1er janvier 2017, le droit à la déconnexion fait partie des sujets à aborder lors de la NAO (négociation annuelle obligatoire) sur la qualité de vie au travail.

Un an plus tard…

Les pratiques de déconnexion prennent du temps à entrer dans les mœurs. Près de huit cadres sur dix continuent de consulter courriels et SMS professionnels pendant leur temps libre, selon un récent sondage Ifop.

Toutefois, plusieurs démarches en faveur de la déconnexion apparaissent çà et là. Ainsi, l’UGICT-CGT et l’Anact ont mis en place un outil en ligne pour aider les parties prenantes de l’entreprise à effectuer un diagnostic des pratiques et à mettre en place ce droit.

D’une part, le digital et le numérique peuvent être vus comme des « bêtes noires » visant à faire travailler d’avantage les collaborateurs de l’entreprise. Mais d’autre part, rappelons-nous que ces mutations sont surtout des opportunités pour travailler mieux : télétravail, nomadisme… Cessons donc d’opposer numérique et bien-être mais gardons à l’esprit, en cette période d’après-fêtes, qu’il ne faut pas non plus abuser des bonnes choses.

> Egalement à lire sur le site de la Fondation Travailler autrement, De l’hyperconnexion au droit à la déconnexion

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