DOgecYvWsAAolrP.jpg largeLe thème des transitions professionnelles se situe à la croisée de l’économie et du social. Dans le cadre de son colloque Dynamiser le marché du travail : comment repenser les transitions professionnelles ? le Medef a convié, le 13 novembre 2017, plusieurs acteurs majeurs sur ces question, pour réfléchir au devenir d’un système de protection qui soit à la fois efficient et juste socialement.

Ce colloque a été introduit par Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président délégué du Medef, qui a rappelé que les transitions professionnels doivent permettre de sécuriser les parcours des actifs. Reste à savoir comment les rendre plus efficientes. C’est tout l’objet des tables rondes qui se sont succédé durant cette matinée.

Rodrigo Fernandez, expert de l’OCDE,  a tout d’abord offert aux participants un panorama des pays de l’OCDE sur les protections en cas de perte ou d’insuffisance de revenu des actifs.

Par la suite, chaque débat était co-animé par un grand témoin qui a pu apporter un éclairage supplémentaire aux riches échanges des intervenants.

Quels leviers pour dynamiser le retour à l’emploi ?

Lors de la première table ronde, Bruno Coquet, expert associé auprès de l’Institut de l’entreprise, chercheur affilié à l’OFCE a battu en brèche deux idées reçues. La première selon laquelle les offres d’emploi proposées ne seraient pas pourvues par les demandeurs d’emploi (or chaque mois 3,5 millions d’emplois sont pourvus) et la seconde selon laquelle l’assurance chômage française serait trop généreuse (or la France se situe dans la moyenne des courbes de générosité).

Sur ce sujet, Misoo Yoon directrice générale adjointe en charge de l’offre de services de Pôle Emploi a mis en lumière les quatre piliers qui, selon elle, permettent de rendre efficaces les transitions professionnelles : accompagnement, formation, compétences et numériques.

Cyril Baraban, directeur général d’Initiactive 95 a pu témoigner de l’efficacité de l’accompagnement dans les périodes de transitions professionnelles et notamment dans l’entrepreneuriat. L’association soutien actuellement 16 à 17 000 créateurs ou repreneurs d’entreprises.

Du coté des compétences, Pascale d’Artois, directrice générale de l’AFPA est intervenue pour rappeler que la formation professionnelle se doit de répondre : aux besoins de l’entreprise et du territoire pour pouvoir répondre au mieux aux actifs.

Enfin, Bénédicte Bailleul, directrice générale de FuturSkill a mis l’accent sur l’importance de prévoir, d’observer et d’anticiper les compétences de demain.

Florence Poivey a clos cette table ronde en affirmant que les transitions professionnelles ne peuvent être pensées qu’avec l’ensemble des parties prenantes.

Aller au-delà des statuts

La seconde partie de cette matinée était consacrée au thème « Au-delà des statuts, repenser les transitions professionnelles ».

Michel Yahiel commissaire général de France Stratégie, ancien conseiller social du Président de la République a rappelé que la protection sociale du XXe siècle est dépassée. Pour recréer de la sécurité et de l’efficacité sociale, il propose deux pistes : l’élargissement du salariat ou la création d’un statut de l’actif.

Cette seconde solution a également été soulevée par François Hurel, président de l’Union des Auto-entrepreneurs et Emmanuelle Barbara, avocate au Barreau de Paris, associé-gérant du cabinet d’avocats August Debouzy, spécialisée en droit social, contributrice au think tank Génération libre, membre du comité directeur de l’institut Montaigne.

Cette dernière propose d’ailleurs un compte personnel de protection qui cumulerait tous les droits acquis par un actif quelle que soit la variation de ses statuts : « L’accès aux avantages de notre modèle social doit être redéployé au profit de l’ensemble des actifs ».

Enfin, Patrick Levy-Waitz, président de la Fondation Travailler autrement, a rappelé que pour sécuriser les transitions professionnelles des Français, il faut :

  • doter l’ensemble du territoire du numérique,
  • permettre à tous de se saisir de ses droits, notamment sur la formation,
  • remettre en adéquation les compétences et le besoin des entreprises.

Mais pour que cela soit pérenne, il faudra anticiper les changements et structurer cela autour d’un appareil qui capitalisera et diffusera les informations récoltées à tous les acteurs du pays. Le big data et le numérique permettront ce futur. Enfin, il faudra remettre à plat notre système d’accompagnement et d’orientation, qui doit devenir une filière d’excellence.

Pour conclure cette matinée, Alexandre Saubot, vice-président du MEDEF, président du pôle Social du MEDEF a indiqué que le triptyque « compétitivité, retour à l’emploi et formation » doit être au cœur de toutes les réflexions sur l’avenir des transitions professionnelles. Reste encore l’épineuse question du financement qu’il faudra traiter rapidement.

> Pour en savoir plus sur le Medef

> Également à lire sur le site de la Fondation Travailler autrement, « Dix ans de transitions professionnelles : un éclairage sur le marché du travail français » (France Stratégie)

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