Emmanuel_landaisLa microfinance dans le monde a souvent été présentée comme une success-story, par sa capacité à contribuer au développement économique et à la réduction de la pauvreté, sur la base de résultats financiers pérennes. L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) participe à cette success-story en aidant les personnes n’ayant pas accès au crédit bancaire à créer leur entreprise. Entretien avec Emmanuel Landais, Directeur général de l’Adie et membre du conseil d’administration de la Fondation Travailler autrement.

Pouvez-vous présenter l’Adie à nos lecteurs ?

Fondée il y a un peu plus de 25 ans par Maria Nowak, l’Adie est une association reconnue d’utilité publique. Elle s’est inspirée de l’expérience de la Grameen Bank au Bangladesh, pionnière du microcrédit dans le monde.  Le microcrédit se fonde sur l’idée que tout le monde, y compris les personnes sans ressources financières et sans formation initiale, peut devenir entrepreneur dès lors qu’on lui apporte un financement et un accompagnement appropriés.

Concrètement, l’Adie prête de petites sommes (10 000 euros maximum) à des demandeurs d’emploi, n’ayant pas accès au crédit bancaire et les accompagne afin qu’ils puissent créer et développer leur entreprise.

Avec 160 000 micro-crédits financés, comment accompagniez-vous les micro-entrepreneurs au quotidien ?

En 2016, nous avons financé près de 20 000 personnes. Au-delà du coup de pouce financier, souvent décisif pour passer à l’acte, l’accompagnement, en amont de la création de l’activité et plus encore en aval, dans les premiers mois de démarrage, est essentiel pour contribuer à la réussite des projets.

Il s’agit d’un accompagnement principalement individuel (quelques formats collectifs existent toutefois), assuré par nos équipes salariées et surtout bénévoles, qui  « coachent » les entrepreneurs dans tous les domaines concernant la vie de l’entreprise : commercial, juridique, financier…

Comment l’Adie participe-t-elle au « travailler autrement » ?

La création de son entreprise est une voie d’insertion efficace et peu coûteuse car elle s’appuie sur l’initiative des personnes concernées, qui sont souvent porteuses d’un savoir-faire, d’une volonté et d’un projet personnel insoupçonnés. Nous avons milité pour faire reconnaitre ce droit à l’initiative économique pour tous, avec succès, à travers différentes mesures que nous avons, avec d’autres, inspirées : intégration de la création d’entreprise dans les politiques publiques de l’emploi et de l’insertion, dispositifs d’aides de l’État et des collectivités locales en faveur de la création d’entreprise pour les publics fragiles, création et défense du régime de l’autoentrepreneur…

L’évolution de l’économie et du marché de l’emploi entrainent des risques pour les plus fragiles mais ouvrent aussi des opportunités. Notre rôle est de permettre à un maximum de personnes de devenir ou redevenir acteurs de l’économie.

> Pour découvrir l’Adie, rendez-vous sur leur site internet

> Également à lire sur le site de la Fondation Travailler autrement, La place de l’entrepreneuriat dans les trajectoires professionnelles

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