QVT-la-fabrique-de-l-industrieLa Fabrique de l’Industrie publie dans une synthèse de juillet 2017 son analyse de l’enquête annuelle de la DARES sur les Conditions de travail, poursuivant ainsi ses travaux sur la QVT. La Fabrique de l’Industrie a extrait huit profils objectifs et six profils subjectifs d’individus qui révèlent beaucoup sur le rôle du management dans les organisations mais également sur la perception de chacun sur sa QVT.

Les profils objectifs de la QVT

La Fabrique de l’industrie a tout d’abord extrait huit profils types basés sur l’analyse objective des conditions de travail des individus (60 % des 516 questions posées aux 33 673 répondants sont considérés comme objectives) :

  • Les « Indépendants » : à 85 % composés d’individus ayant le statut d’indépendant, ils se caractérisent, selon les critères objectifs de la QVT, par un temps de travail élevé, peu de jours de congés disponibles et peu d’absence. Ils sont parfois soumis à des contraintes physiques (le secteur de l’agriculture, de la construction, de l’hébergement-restauration est très représenté) mais aussi à de l’insécurité économique.
  • Le profil « Services peu qualifiés » regroupe des actifs exerçant dans le secteur tertiaire, avec, comme le suggère son nom, un faible niveau de qualification. Ils ont peu d’autonomie et une faible rémunération et ils sont également moins exposés à des exigences émotionnelles où à une activité intense (29 heures de travail en moyenne).
  • Les actifs du profil « Immigration » ont comme pour le profil « Services peu qualifiés », un faible niveau de qualification. Ils déclarent ne pas travailler sous-pression et ils sont plutôt dans la moyenne des dimensions de la QVT définie par La Fabrique de l’Industrie (contraintes horaires, physiques, insécurité économique, conflits de valeurs…)
  • La catégorie des « Ouvriers » comprend principalement des ouvriers, souvent exposés à la pénibilité (bruit, vibrations, humidité, froid…). Ils sont ceux qui déclarent avoir le plus de contraintes physiques, horaires et dans l’organisation de leur temps de travail.
  • Le profil « CSP + Privé » correspond peu ou prou aux cadres du secteur privé : ils ont un niveau de qualification élevé, un salaire mensuel supérieur à la moyenne nationale. Leurs conditions de travail est sont celles du bureau, avec peu de contraintes physiques mais ils se caractérisent pas une charge de travail lourde et ils sont préoccupés par l’insécurité liée à l’économie.
  • Les « CSP + Publics » correspondent aux cadres du secteur public. Ils sont très exposés à la charge émotionnelle, aux conflits des valeurs mais également à un manque de reconnaissance ou d’évaluation. En outre, ils sont ceux qui ont le moins recours à la médecine du travail.
  • Le profil « Santé » est celui qui regroupe le plus d’individus concernés par les contraintes physiques, relationnelles et horaires. Étrangement, cette catégorie regroupe une part significative de policiers et de militaires.
  • La catégorie « Accidentés » regroupe les actifs ayant subi un ou plusieurs accidents du travail. Ils sont ceux qui déclarent en majorité que le travail est néfaste pour leur santé, qu’ils n’ont pas d’outils de protection suffisant, et ils sont soumis à des contraintes physiques importantes.

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Les profils subjectifs de la QVT

Sur la base des questions subjectives posées à la population des actifs sondés, ces derniers se répartissent dans six catégories allant des « Heureux au travail » aux actifs stressés au travail. Il existe des corrélations fortes entre les huit profils objectifs et ces profils subjectifs.

  • Le profil « Travaille seul » : ils se caractérisent pas une absence de contrôle horaire pour 90 % (pas de hiérarchie, pas de collègue), ils peuvent déterminer leur emploi du temps (78 %). Ils peuvent également faire ce qui leur plait dans 31 % des cas,
  • Le profil « Heureux » : ils ont une bonne qualité de vie au travail, ne travaillent pas sous pression, et 38 % se disent toujours de bonne humeur. Ils se sentent soutenus par leur hiérarchie, fiers de travailler dans leur entreprise. Ils obtiennent également un score de « bien être » supérieur à la moyenne de l’OMS (20,38 contre 15,65),
  • Le profil « Rien à signaler » qui, avec un indice de « bien être » proche de celui de l’OMS, déclare n’être ni ignoré, ni critiqué injustement. S’ils annoncent travailler parfois sous pression, ils sentent que leur travail est respecté et estimé,
  • Le profil « Changement » est, comme son nom l’indique, celui qui regroupe les individus ayant connu un changement de l’organisation de leur travail, une restructuration ou un déménagement. Leur indice de bien être est légèrement inférieur à la moyenne de l’OMS (14,67),
  • Le profil « Tensions collègues » composé de ceux qui, malgré un indice conforme à la moyenne de l’OMS, se sentent ignorés ou critiqués injustement, ils reçoivent de l’aide de la part de leur hiérarchie. Ces éléments sont compensés par d’autres éléments de la QVT.
  • Le profil »Tension hiérarchie » est celui qui enregistre en indice de bien-être faible par rapport à la moyenne de l’OMS. Ils se disent ignorés, se sentent en tension avec leur hiérarchie, ce qui se traduit par un fort absentéisme et un rejet de leur travail.

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Une décalage entre les mesures objectives et subjectives de la QVT

Il ressort de l’analyse de la Fabrique de l’Industrie que les conflits, de nature hiérarchique ou entre collègues influent de manière négative l’appréciation de chacun sur la QVT : la catégorie objective des « Accidentés » est très représentée dans les catégories subjectives « Tensions collègues » et « Tensions hiérarchie » .

De plus, la Fabrique de l’Industrie souligne que, comme l’avait déjà observé la recherche sur l’économie du bonheur, le lien entre salaire et QVT est ténu : les catégories objectives « Ouvriers », « Immigration » et « Services peu qualifiés » sont très représentés dans la catégorie subjectives « Heureux ». En outre, les actifs de la catégorie « Santé », sont plus souvent soumis à des risques QVT et ils entrent souvent dans la catégorie subjective « Changement ».

> Pour en savoir plus, consultez la note complète de la Fabrique de l’Industrie

> À lire également sur le site de la Fondation Travailler autrement :
La qualité de vie au travail en débat

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