Travail-jeunes-emploi2004 : les jeunes adultes résidant dans les ZUS connaissent un taux de chômage deux fois supérieur à la moyenne nationale. Pour tenter de répondre à ce défi social et économique et après une rencontre avec le ministre des Affaires sociales de l’époque, Jean-Louis Borloo, Henri Lachmann, PDG. du groupe Schneider Electric, lance « 100 Chances 100 emplois ». Treize ans plus tard, dans une note de mai 2017, l’Institut de l’entreprise rend compte de cette méthode qui porte encore ces fruits.

Accompagner et guider les jeunes vers l’emploi

Sentiment d’invisibilité, découragement, rupture profonde avec le monde du travail… C’est ce dont témoignent une grande partie des jeunes chercheurs d’emploi des quartiers sensibles. Pour mettre fin à ce ressenti, une initiative locale est lancée en 2004 : « 100 Chances 100 emplois ».

Le dispositif essaime désormais sur trente bassins d’emploi sur le territoire. Le principe est simple. Il s’agit de s’appuyer sur les acteurs locaux des bassins d’emploi, qu’ils soient publics ou privés, qui connaissent le terrain et les besoins des entreprises afin de les mobiliser pour accompagner et guider des jeunes de tous niveaux et réellement motivés dans la recherche d’emploi. L’objectif principal est de promouvoir l’égalité des chances par un parcours professionnel d’insertion personnalisé.

La méthode 100 Chances 100 emplois

Castés par plusieurs professionnels issus du tissu économique territorial, ces jeunes de moins de 30 ans, de tous niveaux et de tous types de formations, soulèvent plusieurs difficultés. Ils sont nombreux à manquer de confiance en eux, à subir une situation familiale difficile, ils n’ont pas de réseau,… La première étape de ce dispositif sera de corriger ces carences.

La deuxième étape est celle qui leur permettra d’obtenir des clés pour la recherche d’emploi. Les équipes de 100 Chances 100 emplois ont bien conscience que les modes de recrutement changent et qu’ils y a, chez les jeunes sélectionnés, de grandes difficultés à trouver l’information dont ils ont besoin. Une fois cette méthode acquise, ils leur faut accéder à des réseaux professionnels. C’est la troisième étape. Enfin, ils apprennent à se connecter avec le réseau des anciennes promotions de 100 Chances 100 emplois. A l’issue de ces quatre apprentissage, les jeunes formés sont présentés à des recruteurs.

Et cela fonctionne ! Ce dispositif local, collectif et qui repose sur la motivation de toutes les parties prenantes à fait ses preuves : 80 % des jeunes ayant participé ont désormais un emploi durable ou une formation qualifiante en six mois.

Pourquoi un tel succès ?

Avec une méthodologie maitrisée et une dynamique collective ancrée sur le territoire, 100 Chances 100 emploi apparait comme un processus crédible auprès des jeunes mais il est également gratifiant pour les entreprises. En effet, elles s’investissent réellement, le temps de formation est rapide et le dispositif perdure jusqu’à ce que le jeune trouve un emploi.

Toutefois, la méthode connait des obstacles. Pour avoir de réels effets, les groupes doivent être resserrés (12 élèves maximum) mais les accompagnateurs issus des entreprises doivent également se montrer disponibles, ce qui n’est pas toujours facile pour eux.

Les chiffres clés

  • 10 élèves tous les 2 mois par bassin d’emploi ;
  • La méthode existe dans 30 bassins d’emploi en France ;
  • Ambition affichée à 5 ans : 1 000 jeunes intégrés par an avec la même exigence de résultat (60 à 65 % de sorties positives dans un emploi durable). Actuellement, la moyenne est de 600 jeunes par an ;
  • Un jeune est accompagné jusqu’à ce qu’il trouve du travail, en général dans les 3-4 mois qui suivent la semaine de coaching ;
  • Coût de la méthode : 1 850 euros en moyenne par jeune accompagné ;
  • 4 588 jeunes accueillis depuis 2004 ;
  • 2 940 sont dans un emploi durable ;
  • 80% de taux d’insertion dans l’emploi au bout de 6 mois ;
  • Taux d’abandon moyen : 19% ;
  • 29 villes associées au dispositif.
  • 849 entreprises partenaires.

> Consulter la note de l’Institut de l’entreprise

> À lire également sur le site de la Fondation Travailler autrement :
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