CloudLe McKinsey Global Institute dresse un bilan du monde du travail qui est, selon lui, en état de flux permanent. Le développement de l’automatisation, rendue possible par les nouvelles technologies (robotique, intelligence artificielle), promet une plus grande productivité mais elle met également en lumière la question de leur impact sur l’emploi, les compétences et la nature même du travail.

L’institut dresse la liste des changements dû à ces flux.

Le marché du travail est mis à l’épreuve et les talents sont sous-utilisés

Le marché du travail se définit aujourd’hui entre le chômage et la sous exploitation des compétences. A ce sujet, l’institut évalue à entre 30 et 40 % le nombre d’actif sous-utilisés (sous-employés, sans-emploi ou inactifs). Rien que pour les zones indienne, étatsunienne, britannique, japonaise, allemande, brésilienne et chinoise, cette part représente 850 million d’actifs. De plus, près de 75 millions de jeunes sont sans-emploi.

Stagnation ou chute des revenus des ménages

La décennie 2005-2014 a été marquée par la récession et la distance croissante entre la productivité et les revenus. McKinsey avait déjà mis en lumière cet effet en France, aux États-Unis ainsi qu’au Royaume-Uni. Il en ressort plus spécifiquement que les ménages qui subissent la stagnation ou la chute de leur revenu sont inquiets quant à l’avenir financier de leurs enfants et que les inégalités entre les classes se creusent.

Compétence, emploi et localisation ne vont pas toujours de pair

Le briefing souligne que le système éducatif actuel ne produit plus de talents correspondant à la demande. Sur neufs pays observés, 40 % des employeurs estiment que les jeunes actifs n’ont pas les compétences suffisantes pour entrer sur le marché du travail et que 60 % d’entre eux ne sont pas préparés au monde du travail. La principale cause soulevée est qu’il existe un décalage géographique entre le bassin d’emploi et celui des compétences.

Sur ce sujet, McKinsey montre que ce fossé est souvent comblé par les migrations de travail : 247 millions de personnes ne travaillaient pas dans leur pays d’origine en 2015, selon McKinsey, un chiffre qui a triplé en l’espace de 50 ans et qui n’est pas sans créer de nouvelles tensions.

Les tâches s’automatisent

Une autre observation de McKinsey effectuée sur 54 pays et plus de 2 000 tâches montre que moins de 5 % des emplois actuels pourraient être automatisés (pour les emplois à moyenne qualification, l’estimation monte à 15 %). Au regard des technologies dont nous disposons aujourd’hui, le constat est plus alarmant : 30 % des activités courantes pourraient être automatisés. Ce qui pourrait affecter 49 % de l’économie mondiale.

L’économie de plateformes et les talents

La rencontre de l’offre et de la demande est facilitée par l’émerge des plateformes. Les actifs « sous-utilisés » se voient offrir des opportunités de travail auxquelles ils n’avaient pas accès avant. Ces plateformes ont donc un effet positif sur le marché du travail car elles le fluidifient.

Le travail indépendant en croissance

Si le travail indépendant n’est pas un fait nouveau, il se substitute peu à peu aux emplois nés de la révolution industrielle. Selon McKinsey, la proportion de travailleurs indépendants est de 20 à 30 % dans les économies développées. A noter que le travail indépendant se développe chez les étudiants et les retraités, qui en tirent un revenu complémentaire.

La technologie crée de nouveaux emplois et de nouvelles opportunités

Si la technologie remplace des emplois existants, elle a aussi le mérite d’en créer. Elle a créé un tiers des emplois aux États-Unis dans les 25 dernières années. En France, Internet a permis de créer 2,4 emplois pour 1 emploi détruit.

Les opportunités sectorielles

La digitalisation pourrait avoir des retombées positives sur des secteurs tels que la finance (avec les fintech), les médias, la santé ou encore l’éducation. L’institut estime que seulement 12 % de ce potentiel a été capturé en Europe. Les entreprises leaders sur le digital dans leur secteur ont une croissance trois fois supérieure aux autres.

Le fossé numérique

Ce briefing souligne enfin que 50 % de la population mondiale est encore « hors-ligne », ce qui limite les possibilités offertes par le digital. 4 milliards d’individus, dont 75% dans 20 pays, ne sont pas connectés à Internet. Toutefois, connecter ces populations n’est pas suffisant, il faut également leur donner les compétences pour capitaliser sur ces technologies (éducation, formation…).

Pour clore ce briefing, McKinsey propose huit solutions :

  • Faire évoluer le système éducatif pour améliorer les compétences ;
  • Donner aux entreprises la possibilité de mettre en place des formations pour réduire les lacunes du système éducatif actuel ;
  • Valoriser le capital humain dans les entreprises ;
  • Mettre en place des partenariats public-privés pour stimuler l’investissement ;
  • Repenser la rémunération ;
  • Repenser la protection sociale ;
  • Octroyer un soutien technologique aux plateformes ;
  • Accélérer la création d’emploi pour mieux saisir les opportunités technologiques.

Retrouvez l’étude de McKinsey Global Institute

A lire également sur le site de la Fondation Travailler autrement :
Etude – Penser l’emploi autrement : l’emploi nouvelle génération ?

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