img_7375Si l’innovation est depuis longtemps considérée comme un levier de croissance, la mixité commence à apparaître comme une clé de la réussite pour de nombreuses entreprises. En effet, les entreprises innovantes mixtes sont 23% plus performante que les autres, selon une étude réalisée par Global Contact. Cette question était au cœur de l’édition 2016 des Pionnières Day qui s’est tenue le 9 décembre. A cette occasion, les intervenants ont pu résoudre l’équation Innovation x mixité = croissance².

Les recherches menées par le cabinet Global Contact, présentées à cette occasion par Claudine Schmuck, sa directrice associée, ont mis en lumière les bienfaits de la mixité en entreprise. Introduire de la diversité permet une meilleure prise de décision en ce qu’elle apporte du débat et de nouvelles perspectives. Les équipes de plus de 10 personnes qui comprennent entre 40 et 60 % d’hommes et de femmes sont celles où :

  • La performance est nettement supérieure ;
  • Le « mieux-être » règne (dans les filières scientifiques, par exemple, la mixité réduit la souffrance par deux).

Un des leviers pour permettre aux entreprises d’adhérer à la mixité est de leur démontrer la valeur ajoutée de cette dernière. L’équipe dirigeante de Sarenza a bien compris cela et en a fait un atout. Hélène Boulet-Supau et Stéphane Treppoz forment un couple en affaires persuadé que la diversité permet de stimuler l’innovation et la créativité. Ils sont convaincus que celle-ci catalyse la performance et  que ce qui prime, ce sont les valeurs, l’envie d’avancer et le talent. Selon Hélène Boulet-Supau, « la mixité en entreprise est une richesse essentielle, elle est vecteur de créativité et de dynamisme ».  L’équilibre combiné entre les femmes et les hommes produit de la richesse et de l’innovation. Il ne faut pas chercher ses clones mais ses complémentaires.

Toutefois, la vraie difficulté inhérente à la mixité est que les femmes se créent des barrières mentales, limitent leurs ambition. En France, seulement 9 % des start-ups sont cofondées par des femmes. Ces dernières ont tendance à s’auto-censurer car elles pensent qu’elles ne sont pas capables, mais également parce qu’elles s’auto-persuadent qu’elles n’ont pas envie. Il est important, pour Carine Préterre, directrice de Foire de Paris et de la Foire d’Automne, que l’école joue un rôle pour supprimer cette intériorisation des stéréotypes, notamment en  sensibilisant à l’émancipation des femmes.

C’est aussi le point de vue de Claire Saddy, présidente de Fédération Pionnières. Pour elle, l’ambition est la clé pour créer un monde plus agréable à vivre. Lors de son introduction aux Pionnières Day, elle a donné trois pistes pour corriger ce phénomène :

  • Former les enfants dès le plus jeune âge à l’entrepreneuriat ;
  • Créer des modules de formation au code informatique dans toutes les filières littéraires, plus féminines, pour que tous les jeunes diplômés possèdent un bagage digital suffisant ;
  • Redéfinir les critères d’innovation et de subventions à tous les entrepreneurs.

Mais la mixité n’est pas qu’une affaire de sexe. Elle est importante dans n’importe quel champ : sexe, nationalité, âge…  Quand on arrive dans un environnement professionnel, il faut assumer qu’on est différent, que chacun a un vécu qui lui est propre et qu’il est possible de s’enrichir de chaque individu. A cet effet, Nathalie Gaudriot-Guinot, dirigeante de la société Didson, a démontré les bienfaits de la mixité générationnelle : embaucher des jeunes est pour elle un avantage car ils apportent de la fraicheur, de la technicité, de l’ouverture d’esprit, là où les plus âgés apportent leur sagesse, leur expérience et partagent les valeurs de l’entreprise. Les générations cohabitent et coconstruisent le modèle de l’entreprise qui les fait adhérer à son système de valeur et les embarque dans sa vision.

Pour que la mixité puisse devenir un vecteur de réussite, il faut que la confiance en soi, la sensibilisation et l’audace soient encouragées.

> Retrouver l’étude de Global Contact sur la mixité

> A lire également sur le site de la Fondation Travailler autrement :
Et si les femmes changeaient leur rapport au travail?

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