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Le dialogue social est considéré comme un « carburant de l’économie », synonyme de croissance et de performance sociale. Dans le cadre de l’événement annuel « Les 4èmes Rencontres du Dialogue Social », la Ville de Suresnes et l’ANDRH ont invité des acteurs-clés (français et internationaux) pour débattre, face à un large auditoire aguerri, de la capacité du dialogue social à répondre aux enjeux contemporains.

De la transformation du travail à la portée des missions syndicales, de l’uberisation à la montée de l’extrémisme, de la protection sociale à la diversité culturelle… Les 4èmes Rencontres du Dialogue Social, réunies à Suresnes pour une nouvelle année, ont répondu de leur ambition : celle de questionner la place et les enjeux du dialogue social dans notre société en mutation. Les interventions de Franck Morel, de la Fondation Travailler autrement, Cyril Cosme (directeur de l’OIT pour la France) ou encore Valérie Pécresse (présidente de la région Île-de-France) ont fait partie des temps forts de la journée.

Les tables rondes se sont enchaînées pour traiter divers aspects du dialogue social, et ce, en assurant une comparaison européenne et internationale des systèmes mis en œuvre. Chaque débat, instrumenté par le digital, comportait une dimension interactive : via l’application Wisembly, les congressistes étaient conviés à voter en direct pour faire entendre leur voix suite aux exposés proposés par les intervenants.

« Il va falloir changer complètement les conditions de travail de demain… C’est un travail qui n’a plus ni mur ni frontière. Un travail décloisonné, dématérialisé », scandait Valérie Pécresse au début de sa communication. Force est de constater que la montée de l’indépendance et la fragilisation du modèle salarial classique constituaient une thématique évoquée par la majorité des acteurs de l’événement. La prise en compte, dans le cadre du dialogue social, des nouvelles formes d’emploi et des structures innovantes sur le marché du travail, a été notamment promue par Renate Hornung-Draus (Confederation of German Employers). À ce propos, Cyril Cosme (OIT) évoquait la nécessité de penser de nouvelles méthodes pour s’adapter aux mutations de l’emploi et de l’entreprise.

L’aspect fragilisant de la situation des travailleurs autonomes a notamment été abordé par plusieurs intervenants : ce fut le cas d’Agnès Verdier-Molinié de l’iFRAP, ou encore de Jean-Paul Delevoye, ancien médiateur de la République. La question de la protection sociale des indépendants (assurance chômage, maladie, retraite) a été particulièrement débattue. Au cœur des échanges, le discours de Luc Bérille (UNSA) a donné à voir le portage salarial comme une réponse à ces problématiques : « On a trouvé un cadre qui peut permettre de ne pas ignorer ces réalités, notamment en matière de garantie de protection sociale. On peut trouver des réponses. »

Partant de la transformation du travail et de l’emploi, la notion de temps de travail a également été discutée. Pour Roberto Suarez Santos (OIE), le temps de travail ne représente plus un outil de médiation de la productivité. La mise en place du télétravail et l’organisation de tiers-lieux ont été d’ailleurs évoquées comme des réponses possibles aux mutations structurelles de l’emploi, qui s’articulent autour de la tertiarisation, de la mobilité et du modèle de la pluricarrière. En ce sens, Valérie Pécresse envisage de mettre en place le télétravail pour les agents du conseil régional d’Île-de-France, à raison de deux jours par semaine. Par ailleurs, elle souhaite faire bénéficier l’ensemble du territoire francilien d’une connexion à très haut débit, en accélérant son déploiement, nécessaire au télétravail. Réduire ses déplacements à trois jours par semaine contribuerait à diminuer la fatigue et le stress des travailleurs.

Sur une note optimiste et constructive, Agnès Verdier-Molinié, revenant sur la situation de mixité des trajectoires du fait de la multiplicité des emplois dans une même vie, envisageait ce phénomène de porosité comme une bonne nouvelle : « On va s’enrichir les uns les autres ! Le secteur privé, le secteur public. Nous allons mixer tous ces talents. »

Enfin, l’événement à Suresnes fut l’occasion de rendre grâce à la Tunisie, Prix Nobel de la Paix pour son dialogue national. Un débat a été investi à partir des témoignages émouvants de Nizar Ben Sghaier (ministère de la Fonction publique et de la Gouvernance), El Aid Trabelsi (ministère des Affaires Sociales) et Hfaeidh Hfaeidh (UGTT), interrogeant la capacité du dialogue social à devenir un « rempart » contre l’extrémisme dans un pays où la démocratie sociale s’efforce de s’installer de manière durable.

> L’intégralité des interventions en podcast

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