coworkingUne journée de séminaire était organisée le 30 mai à l’Université Versailles Saint-Quentin sur les nouvelles manières d’organiser les espaces de travail. La journée devait répondre à la question : « des environnements de travail plus ouverts : facteur d’isolement ou facteur de cohésion ? »

La journée, organisée par les étudiants du Master 2 « Conduite du changement » de l’université, a vu se succéder six présentations de professionnels ou de chercheurs en sciences sociales, toutes portant sur ces nouveaux espaces de travail. Parmi elles, une table ronde animée par la sociologue Marie Benedetto-Mayer a rassemblé Vania Ellis, Blandine Cain et Philippe Morel, tous trois gérants ou fondateurs d’espaces de co-working.

Leurs espaces ne sont pas des incubateurs ni ne sont spécialisés dans l’accueil, l’accompagnement ou le développement de start-ups. Pour les plus petits d’entre eux, ces espaces accueillent essentiellement des indépendants et les plus gros servent à la fois à des indépendants et à de jeunes entreprises qui ont besoin de flexibilité immobilière, notamment pour suivre leur croissance. Mais malgré les différences de taille entre les structures des trois intervenants (d’une vingtaine de places à plus de 300), ils partagent le même point de vue et la même analyse sur les espaces de travail concernant quelques points clefs :

  • Plusieurs facteurs portent ces nouveaux espaces : le développement de « l’entreprenariat de soi » dans la société, la place croissante du collaboratif, le développement durable (donc la remise en cause des trajets pendulaires), etc. C’est en tous cas « une lame de fond » : tous les espaces de co-working sont pleins, et ce, très vite;
  • La flexibilité et l’absence d’engagement sont au centre de la réussite (pas de dépôt de garantie, pas de préavis de départ, etc.);
  • Avec beaucoup d’horaires atypiques et une charge horaire élevée, il faut que les bâtiments soient ouverts tout le temps;
  • Des support sans faille : wifi très haut débit, « crêpes le mercredi et barbecue le vendredi », car cela cesse d’être un lieu de travail pour devenir un lieu de vie;
  • Tous les espaces prennent en compte la famille (enfants qui viennent, visites, Noël des enfants, etc.).

PicMonkey Collage

Ces éléments remettent en cause énormément de modèles du travail. Ces espaces assument une volonté de brouiller les frontières entre travail et vie privée, car il y a derrière l’idée que ces frontières sont déjà floues.

Cette présentation posait toutefois en filigrane une question simple : est-ce que travailler autrement ne passerait pas aussi par travailler ailleurs ?


A lire aussi sur le site de la Fondation Travailler Autrement :

L’article sur l’étude Ipsos pour Steelcase sur « l’engagement et l’espace de travail »

L’article sur le rapport du CEE sur le travail indépendant : quelles retombées en terme de santé et de conditions de travail ?

Alerte Email

Entrez votre adresse email pour recevoir une alerte dés qu’un nouvel article est publié :

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *