Sans titreDans le cadre des analyses 17/27 de France Stratégie, l’institut présente sa nouvelle note. Où se situe la France en matière d’emploi par rapport à ses homologues européens ? Quels leviers actionner pour parvenir à faire progresser l’emploi et réduire notre taux de chômage tout en développant la qualité de l’emploi ? Autant de questions auxquelles tente de répondre cette note. 

Des performances françaises médiocres

France Stratégie part d’un constat simple : en dépit des dépenses publiques engagées en faveur de l’emploi depuis trente ans, la France reste marquée par un chômage élevé et ne parvient qu’imparfaitement à soutenir les personnes les plus en difficulté sur le marché du travail. Alors qu’il diminue dans l’Union européenne depuis 2013, le taux de chômage s’est maintenu en France autour de 10 %, soit le taux observé en moyenne dans l’ensemble des six pays européens ayant les meilleures performances.

Les performances d’un marché du travail s’apprécient également au regard du taux d’emploi. Entre 1995 et 2015, ce taux est certes passé de 52 % à 61 % pour les femmes (âgées de 15 à 64 ans) et de 29 % à 49 % pour les seniors (55-64 ans), mais on est encore loin des niveaux des pays les plus performants. La France se caractérise surtout par une faible proportion de personnes en emploi aux deux extrémités de la vie active et par un taux d’emploi élevé sur la tranche 25-54 ans. 

Les performances d’un marché du travail peuvent enfin être appréhendées par la qualité de l’emploi. La France se place dans une position intermédiaire, dans la moyenne de l’UE, à un niveau équivalent ou inférieur à celui des six pays cibles, qui affichent un taux de chômage moins important et un taux d’emploi plus élevé. Le problème est que la qualité de l’emploi s’est dégradée avec la crise, ce que l’on n’observe pas nécessairement ailleurs.

Les perspectives pour la décennie 17/27

Comme toutes les économies avancées, la France va connaître dans les prochaines années un nombre élevé de départs en fin de carrière des générations du baby-boom. Mais ces départs seront plus que compensés par l’allongement de la durée d’activité lié au recul de l’âge de la retraite et par l’arrivée de générations un peu plus nombreuses sur le marché du travail. Au total, la population active devrait croître de 3 % entre 2017 et 2027, selon le scénario central de l’Insee.

Le travail connaît de profondes mutations tant dans son contenu que dans ses formes. Selon les projections de France Stratégie, d’ici à 2022, près d’un poste à pourvoir sur cinq pourrait concerner des métiers peu qualifiés. En parallèle, les métiers de cadres et professions intermédiaires vont augmenter, notamment dans le secteur des services (plus de 42 % des emplois en 2022). Ce phénomène est dit de « polarisation des emplois ». Il devrait encore s’accélérer pour les dix années à venir avec le développement du numérique et des échanges internationaux. Ce mouvement peut à la fois augmenter la part des emplois peu qualifiés et favoriser la réalisation à distance ou en mode collaboratif de tâches cognitives hautement qualifiées.

Combiné à l’automatisation, le numérique va faire émerger de nouvelles activités économiques, en rendre d’autres obsolètes (emplois à contenus répétitifs de niveau intermédiaire) mais également transformer radicalement le contenu de certains emplois et concourir à valoriser certaines compétences non automatisables comme les capacités d’abstraction ou d’interaction sociale

Quels leviers pour l’emploi ?

Quatre grands axes se dessinent

  • La mise en adéquation des besoins des entreprises et des compétences des actifs :  il ne faut pas voir ce processus comme une simple adaptation des formations aux besoins des entreprises, mais bien plutôt comme un ajustement réciproque, possible par des formations en adéquation avec le marché du travail (formation continue et professionnelle)
  • La baisse du coût du travail : la baisse du coût du travail peu qualifié, notamment par l’exonération de cotisations sociales sur les bas salaires, s’est imposée en vingt-cinq ans comme l’une des principales composantes des politiques de l’emploi en France
  • Des politiques publiques incitatives : financièrement, le retour à l’emploi est favorisé (prime pour l’emploi, RSA activité qui seront fusionnés en prime d’activité) mais ses effets sont encore incertains.
  • Une réflexion à développer sur le temps de travail, les contrats et le dialogue social et la place donnée à la négociation collective : s’agissant de la relation contractuelle entre salarié et employeur, les politiques alternent entre le renforcement de la protection des salariés et la flexibilisation de la relation de travail, tant pour les contrats à durée déterminée (CDD) qu’indéterminée (CDI)

> A lire : le rapport complet de France Stratégie « Quels leviers pour l’emploi? », réalisé dans le cadre du programme 17/27

A lire aussi sur le site de la Fondation Travailler Autrement :
L’article sur le rapport de France Stratégie « L’avenir du travail »
L’article sur l’étude de l’ADP Research Institute « L’évolution du travail »

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