micro entreprenariatLe professeur Michel Marchesnay analyse pour The Conversation cette nouvelle forme de travail qu’est la micro-entreprise. A l’occasion des 40 ans de la Revue française de Gestion, il propose une réflexion qui porte sur les notions d’auto-entrepreneur et d’esprit d’entreprise. Il pousse aussi à une meilleure connaissance notamment scientifique du phénomène.

Selon Michel Marchesnay, cette nouvelle structure de travail est ancrée dans l’air du temps. Le passage au numérique et la 3ème révolution industrielle a modifié les pratiques individuelles et les désirs des travailleurs : cosmopolitisme, innovations, travail en réseau… La micro-entreprise apparait comme un modèle qui combine ces différents facteurs. C’est ainsi qu’actuellement deux « jeunes » sur trois souhaiteraient créer leur entreprise. Le micro-entrepreunariat serait donc comme un gigantesque vivier d’emplois. 

Une mauvaise connaissance de ce phénomène

Mais ce nouveau phénomène de société est encore peu étudié et une partie de cette nouvelle réalité est occultée par l’absence d’études sur la question et l’invisibilité de formes atypiques de micro-entreprenariat.

La partie émergée du tissu micro-entreprenarial comprend actuellement le million d’entreprises individuelles ou apparentées. Mais pour plus d’exhaustivité et une meilleure connaissance du phénomène, il faudrait en exclure les pseudo-entreprises (salariat de fait, prête-noms) et ajouter les crypto- entreprises « non déclarées » et les activités « illicites ». Comme le démontre Michel Marchesnay : « La révolution numérique étend sans cesse l’entrepreneuriat aux échanges d’individus en réseau de l’économie collaborative, sociale, solidaire, etc. ».

La mise en place de programmes de recherche sur le micro-entreprenariat

Le professeur propose alors la mise en place d’un programme systématique de recherche micro-entrepreneuriale. Travailler sur les micro-entreprises (et entrepreneurs) et développer les études sur ce sujet intéressera au premier chef « les générations montantes ». Les formateurs et les conseillers devront de plus en plus adopter des méthodes en accord avec cette révolution numérique et cognitive et ces formes de travail. Ils devront par exemple apprendre à converser en vidéoconférence avec l’entrepreneur et son équipe, ou utiliser des espaces de coworking.

Il défend donc l’importance croissante des sciences humaines au sein des sciences de gestion, qui deviendront un outil d’aide à la compréhension des fondements de la décision, donc à l’amélioration de l’efficacité du micro-entrepreneuriat. Développer les études sur ce phénomène micro-entreprenarial permettrait de mieux saisir les enjeux d’une telle révolution mais pourrait être aussi utile aux managers et formateurs du futur.

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