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L’organisme France Stratégie, rattaché au Premier Ministre, a publié en février son étude sur les modifications du monde du travail. Ce travail présente une mesure des inégalités de salaire et d’accès à l’emploi en fonction du sexe et de l’origine migratoire.

D’après cette étude, il vaut mieux être un homme, sans ascendance migratoire pour trouver un emploi bien rémunéré. Les inégalités régressent, mais restent prégnantes.

Les femmes et les ascendances migratoires, facteurs de discrimination

Les femmes restent perdantes sur de nombreux tableaux. Elles ont un taux d’activité inférieur de dix points à celui des hommes alors même qu’elles sont en moyenne plus diplômées qu’eux. Du point de vue des salaires, elles enregistrent un manque à gagner de 12 % et un accès plus difficile aux postes les mieux rémunérés. Le point positif de l’étude est la disparition du sur-chômage pour les femmes sans ascendance migratoire et la baisse des inégalités d’accès à l’emploi depuis 1990.

Les individus originaires des DOM ou d’ascendance migratoire sont aussi pénalisés. Ils ont des salaires plus faibles à un poste donné, sont victimes de sur-chômage et ont difficilement accès aux postes les mieux rémunérés. Cette situation est étudiée depuis 25 ans mais s’est dégradée fortement depuis la crise de 2008 et les modifications du monde du travail.

En somme, les résultats de cette étude sont sur certains points encourageants : ils montrent, notamment, que les écarts d’accès à l’emploi entre hommes et femmes sont en forte réduction, et que les écarts de salaire non expliqués au détriment des hommes originaires du continent africain restent limités.

Ils sont sur d’autres points préoccupants : la dégradation du marché du travail s’est accompagnée d’une remontée des écarts de chômage, notamment pour les personnes originaires des DOM et surtout du continent africain ; les écarts salariaux au détriment des femmes sont substantiels et ne se réduisent pas.

Un engagement des pouvoirs publics pour plus d’égalité

Les résultats portent une forte présomption de discriminations selon le sexe ou l’origine, même si l’étude pousse à la prudence.  Ces écarts ne sont pas uniquement explicables par les variables du sexe ou de l’origine mais par des variables qui ne sont pas étudiées ici (lieu de vie, dynamisme du territoire, situation familiale..).

Le ministère note que « de telles discriminations sont d’abord une injure au principe d’égalité ». Ces écarts posent ensuite un problème social qui induisent également des coûts économiques, en premier lieu pour les individus concernés, mais également pour les employeurs et pour la société dans son ensemble.

L’effort public pour l’égalité ne doit donc pas se relâcher, note le ministère. Il doit aussi cibler les bons objectifs. De ce point de vue, le fait que le lieu de résidence n’apparaisse pas comme un facteur significatif d’inégalité d’emploi et de salaire rappelle que la politique de la ville ne peut pas se substituer à une action au plus près des individus et des entreprises et que l’égalité constitue également un enjeu des relations professionnelles entre employeurs et salariés.

> A lire : Le rapport de France Stratégie (PDF)

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