logo-bitLe Bureau International du Travail propose ici une analyse générale sur les tendances qui se dessinent en matière de formes atypiques d’emploi, les raisons de leur utilisation de plus en plus fréquente et l’impact qu’elles représentent. Ce rapport tend à avoir une portée large même si son ampleur dépendra des régions, pays et types d’activités. Ce rapport apparait comme complet et nourrit par de nombreuses sources robustes (statistiques nationales et publications scientifiques) sur les formes d’emploi dans le monde. Il apparaît comme source de statistiques de référence

Comme le précise le BIT, «… l’image classique de l’emploi de durée indéterminée, à plein temps, avec des horaires fixes et une retraite à prestations définies qui sera servie à l’issue d’une carrière largement prévisible et stable auprès d’un seul et même employeur, pour souhaitable que puisse apparaître un tel emploi, correspond à une réalité de plus en plus rare».

Des formes d’emploi qui varient selon les pays et les profils

Selon le BIT, les formes de travail atypique  sont : le travail temporaire (CDD), le travail à temps partiel,  le travail multipartite (intérim & autres) et ce qu’il appelle la « relation de travail ambigüe » (juridiquement parlant) ; en somme, tout ce qui n’est pas des CDI temps plein.

Mais l’ampleur et la croissance des formes atypiques d’emploi dans le monde sont loin d’être uniformes.
L’emploi «régulier» ou «classique» reste important, voire prédominant, dans de nombreuses régions du monde, notamment dans les pays industrialisés.
En revanche, le travail indépendant demeure la principale forme de travail dans les pays à faible revenu, où l’emploi salarié se caractérise souvent par des arrangements contractuels, de nature occasionnelle et informelle, qui n’offrent pas la protection la plus élémentaire aux travailleurs.
Ces deux types de marché du travail coexistent dans les pays en développement à revenu intermédiaire, dont certains ont connu une multiplication des formes atypiques d’emploi dans l’économie formelle.

Le BIT précise que la plupart des données disponibles et les recherches sur l’emploi atypique concernent les pays industrialisés mais ils ne sont pas les seuls concernés. En réalité, les formes atypiques d’emploi sont maintenant une réalité importante sur la plupart des marchés du travail dans le monde, notamment dans certains secteurs de l’économie où elles étaient absentes auparavant.

Ces nouvelles formes d’emploi touchent plus particulièrement les femmes, les jeunes, les travailleurs peu qualifiés et les migrants. Ils y sont sur-représentés : les jeunes dans le travail temporaire, les femmes dans le travail à temps partiel. Les mesures réglementaires décrites dans la section précédente donnent un aperçu de l’évolution du marché du travail des divers pays, des difficultés auxquelles font face les décideurs et des revendications formulées par les travailleurs dans les négociations.

Les avantages des formes atypiques d’emploi

Les particularités de l’entreprise (sa taille, la branche d’activité où elle évolue, le niveau de compétence de ses effectifs, les pratiques des entreprises concurrentes et le cadre réglementaire du pays où elle exerce ses activités)  jouent un rôle dans sa décision de recourir à des formes atypiques d’emploi.

Les formes atypiques d’emploi peuvent présenter des avantages pour les employeurs comme pour les travailleurs lorsqu’elles répondent aux besoins de flexibilité des entreprises tout en offrant aux travailleurs un emploi décent qui leur permet de concilier vie professionnelle et vie personnelle.

L’avantage se fait surtout en termes de coût que représentent les travailleurs atypiques. Les travailleurs temporaires coûtent souvent moins cher à l’employeur.

Les employeurs recourent au travail atypique pour maximiser aussi leur flexibilité fonctionnelle, ou celle de leurs effectifs. Par exemple, ils embauchent des travailleurs à bref préavis pour répondre à la demande saisonnière ou s’adapter aux fluctuations de l’offre de travail

Les risques de ces nouvelles formes d’emploi

Mais des risques existent aussi.

Tout d’abord, le maintien en sous-activité de personnes voulant travailler plus. Les contrats de travail temporaires ou partiels sont les seuls proposés, et en ce sens, ces nouvelles formes d’emploi agissent comme des barrières supplémentaires à l’accession à l’emploi traditionnel.

De plus en terme de coût, l’écart moyen de rémunération assez important entre emploi atypique et emploi dit « traditionnel ». Les formes atypiques d’emploi sont souvent moins bien payées.

De plus, en l’état actuel du droit, travailler uniquement sous un statut d’emploi « atypique » procède à l’exclusion de la protection sociale. Les travailleurs « atypiques » ont des difficultés à bénéficier du droit social et des avantages sociaux (syndicalisme, droit de grève, de manifester etc.)

Autres inconvénients à noter : l’accès à la formation interne impossible et  la santé et sécurité au travail souvent dégradée.

> A lire : le rapport du Bureau International du Travail sur les formes atypiques d’emploi

> A lire : l’article de la Fondation Travailler Autrement sur un autre rapport de l’Organisation Internationale du Travail : « Stress au travail, un défi collectif »

 

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