Depuis la fin du XIXème siècle et la seconde révolution industrielle, l’évolution des sociétés occidentales a amené les travailleurs à se rapprocher de leur lieu de travail. Les villes ont connu un processus d’étalement urbain, menant à la formation de véritables agglomérations.

Mais il est devenu difficile aujourd’hui d’habiter en centre-ville. Les logements disponibles sont de plus en plus rares et coûteux, tant à la location qu’à l’achat, alors même que la qualité de vie s’y dégrade.

Face à ce besoin en espaces nouveaux, les politiques urbaines se sont focalisées sur le développement des zones périurbaines et des banlieues, synonyme de meilleure qualité de vie mais parfois aussi d’enclavement. Ainsi se pose la question des migrations « pendulaires » des travailleurs, trajets entre leur domicile et leur lieu de travail. Les habitants de la première couronne parisienne consacrent en moyenne une heure et demi par jour au trajet domicile-travail.

Un nouvel attrait pour les banlieues

Longtemps délaissées au profit des centres villes, l’image négative que renvoyaient autrefois les banlieues s’estompe progressivement. Désormais vivre en hors de la ville c’est choisir une meilleure qualité de vie. Ce désir d’éloignement va même jusqu’à pousser certains à partir vers de plus petites agglomérations, en province, où l’immobilier est plus abordable, même si ce choix implique un allongement des trajets quotidiens.

Cette nouvelle tendance semble confirmée par certaines études et notamment le sondage relayé par le journal Le Monde, dans lequel il apparaît clairement que les jeunes sont beaucoup plus mobiles que leurs aînés. Selon cette étude ils sont ainsi 38% à rechercher un emploi dans leur région d’origine, 17% à élargir ces recherches à toutes les régions de France et enfin 9%  ont également postulé pour un poste hors de France.

Toujours selon l’étude, l’un des facteurs déterminants dans la recherche d’un emploi est la localisation, pour 73% des sondés, vient ensuite le salaire pour 54% d’entre eux.

Le travail à distance pour soulager le temps passé dans les transports ?

C’est la solution choisie par Microsoft et portée par son DRH France Yves Grandmontagne. Lors du pic de pollution qui a touché Paris et sa banlieue en mars 2014, le DRH du groupe a encouragé ses collaborateurs à travailler depuis leur domicile – ou un tiers lieu. 60% des salariés ont répondu positivement à cet appel le 18 mars. Mais comme le rappelle Y. Grandmontagne dans une tribune publiée sur le site du Huffington Post, cela constitue plus le résultat de plusieurs années de facilitation du télétravail qu’un bouleversement des habitus des salariés.

Néanmoins, en France, malgré la multiplication des signatures d’accord de télétravail dans les grands groupes comme Microsoft, Nestlé, Cap Gemini, Coca Cola ou encore GDF Suez IT, ce mode de travail reste assez peu utilisé. Quand il l’est, c’est uniquement quelques jours par semaine, en complément de la présence physique sur le lieu de travail. Selon les chiffres du Ministère de l’économie et des finances, en 2012 environ 12% des salariés français pratiquaient plus de 8 heures par mois une activité de télétravail pour une grande entreprise. D’autres études du Ministère montrent également que 16,7% des actifs pratiquent le télétravail à domicile ou de façon nomade, et environ 40% des entreprises du CAC40 disposent d’un Accord de Télétravail. La plupart des « télétravailleurs » sont des cadres du secteur de l’informatique, des services aux entreprises ou encore des banques et des assurances.

La France accuse tout de même un certain retard dans le domaine puisque dans des pays voisins comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande ou le Danemark, le pourcentage des salariés télétravailleurs s’élève à plus de 20%.

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